La valise du petit refuse de se fermer, et moi, je suis déjà en train de comparer dans ma tête les deux méthodes qu'on a testées pour laisser la maison gérer sa production d'énergie solaire pendant les vacances d'été sans que ça tourne à l'angoisse. D'un côté, tout couper soi-même avant de partir. De l'autre, laisser l'installation vivre sa vie et surveiller depuis son téléphone. Après plusieurs départs et un chauffe-eau qui m'a valu une drôle de surprise un dimanche de mai, je penche clairement pour la seconde option, sauf pour un appareil précis, sur lequel intervenir avant de fermer la porte reste vraiment utile.
Petite précision avant d'aller plus loin, par honnêteté : certains liens de cet article, vers le logiciel qu'on utilise à la maison, sont des liens d'affiliation. Si vous cliquez et que vous testez l'outil, je touche une petite commission, sans que ça change quoi que ce soit au prix pour vous. Je ne parle que de ce qu'on utilise vraiment près d'Albi, rien d'autre.
Deux façons de partir en vacances avec des panneaux solaires
La première méthode, on l'a essayée au printemps, encore en train de prendre nos repères avec l'installation. Avant un weekend, j'avais branché plusieurs multiprises à interrupteur dans le salon et la cuisine, une par une, pour couper d'un geste toutes les veilles avant de fermer les volets. Sur le papier, l'idée tenait debout. Dans la vraie vie, l'habitude a tenu trois semaines : entre les recharges de téléphone oubliées, l'interrupteur qu'on n'atteint pas sans se pencher derrière le buffet, et les ados qui rebranchent tout sans y penser, on a fini par laisser les multiprises allumées en permanence, ce qui revenait exactement au même qu'avant.
Après ça, la seconde méthode est venue par lassitude plus que par conviction : ne plus rien couper à la main, et surveiller la maison depuis l'application du logiciel Moutens Solar pendant qu'on est ailleurs. Ce n'est pas une méthode miraculeuse, juste un changement d'angle : accepter qu'une maison vide consomme un peu, et se contenter de vérifier que la production part bien quelque part utile plutôt que de courir après chaque veille.
Une amie qui randonne presque tous les dimanches sur les sentiers de la Montagne Noire m'a posé la question un jour, entre deux sacs à dos : laquelle des deux méthodes marche vraiment ? Je lui ai répondu honnêtement que ça dépend de ce qu'on cherche à gagner.
Surveiller à distance suffit vraiment
Passer d'une méthode à l'autre a changé ce que je regarde. Avec les multiprises, je croyais avoir réglé la question des veilles une bonne fois pour toutes. Avec l'application, je vois plutôt ce qu'on appelle le talon de consommation, ce fond de courant que la maison tire même vide ; j'en parle plus longuement dans un article sur comment utiliser le logiciel Moutens Solar pour réduire ce talon de consommation, ça m'évite de tout reprendre ici.
Ce que l'application montre surtout, c'est l'écart entre ce que les panneaux produisent et ce que la maison consomme au même instant, ce qui n'a rien à voir avec le total de la journée. Un après-midi caniculaire, réfugiée à la médiathèque Pierre-Amalric d'Albi le temps que les enfants choisissent leurs livres, j'ai rouvert l'appli sur un coin de table climatisé et vu la courbe de production largement au-dessus de celle de la consommation : le surplus repartait vers le réseau plutôt que de rester à la maison.
C'est ce genre de repère qui a changé nos gestes plus que n'importe quelle multiprise : le lave-linge, je le lance maintenant quand la courbe de production dépasse celle de la consommation, et j'ai fini par reconnaître son ronronnement particulier à ces heures-là, presque un signal que la maison tourne dans le bon sens.
La chaleur d'été ne fait pas ce qu'on croit à la production
On s'imagine souvent que plus il fait chaud, plus les panneaux produisent, puisqu'il y a davantage de soleil. Ce n'est pourtant pas ce qu'on a observé pendant la canicule d'août : les pics de production n'ont pas battu de record ce jour-là, alors même que le ciel était parfaitement dégagé. Le pourquoi technique de ce phénomène est bien expliqué dans un article à part sur comment la chaleur impacte le rendement des panneaux solaires en été, je ne vais pas le refaire ici : l'essentiel, pour moi, c'est qu'un ciel bleu et une chaleur écrasante ne garantissent pas automatiquement le meilleur rendement de la journée.
Le chauffe-eau, le seul appareil qui mérite qu'on y touche avant de partir
Le chauffe-eau reste le seul point sur lequel je continue d'intervenir à la main avant un départ, et c'est là que les deux méthodes se rejoignent presque. Chauffer plusieurs centaines de litres d'eau que personne ne va utiliser pendant deux semaines n'a aucun sens, qu'on surveille à distance ou pas. Je me souviens d'un dimanche de mai, bien avant les grandes vacances, où en refermant l'application j'ai vu que le chauffe-eau n'avait pas tiré une seule fois sur le compteur depuis sept jours entiers : la cuve tournait uniquement sur le surplus emmagasiné dans la journée, sans qu'on y touche. Ça m'a convaincue de couper ce point précis avant chaque long départ, plutôt que de compter sur un pilotage automatique pour deviner qu'on n'est plus là. Pour ceux qui hésitent sur la meilleure façon d'absorber ce genre de surplus, la question de choisir entre batterie physique et virtuelle pour son surplus solaire mérite d'être creusée à part, ce n'est pas le sujet ici.
Avant un grand départ, il m'arrive de passer par le garage pour un coup d'œil rapide à l'onduleur, histoire de partir l'esprit tranquille.
Choisir la bonne méthode avant de partir
Entre ce printemps-là et les grandes vacances d'été, à tester les deux façons de faire, voici comment je tranche maintenant. Les multiprises à interrupteur ont du sens pour un weekend, quand on est encore dans le rythme et qu'on n'oublie pas de les actionner en sortant. Sur deux semaines, elles finissent presque toujours par rester allumées en permanence, comme on l'a vécu. Surveiller depuis l'application, en revanche, tient sur la durée parce que ça ne demande aucune habitude à maintenir : on regarde de temps en temps, on constate, c'est tout. Ce que l'autoconsommation solaire change concrètement pendant l'été, ce n'est donc pas tant la quantité produite que la façon dont on répartit ce qu'on consomme dans la journée. Et vu que la production ne sera plus la même une fois l'automne installé, on commence déjà à réfléchir à la manière d'adapter nos usages au rendement solaire en automne, sachant que les jours raccourcissent vite après la rentrée.
Si vous partez cet été avec une installation toute récente, ne vous mettez pas la pression pour tout automatiser d'un coup : commencez par regarder, comme nous, ce que la maison fait vraiment quand personne n'y touche. Chez nous, le logiciel Moutens Solar a surtout servi à ça, donner une image simple de la production et de la consommation pendant qu'on est ailleurs, pas à remplacer le bon sens, mais ça aide à repartir l'esprit tranquille et à retrouver, en rentrant, une facture d'électricité un peu moins lourde qu'avant. Et pour tout ce qui touche au tableau électrique ou au raccordement, mieux vaut toujours passer par un professionnel certifié RGE plutôt que d'improviser à distance, aussi pratique que soit l'application.