Un four qui tourne toute la soirée n'inquiète jamais personne, alors qu'un simple voyant rouge sur une cafetière peut empêcher de dormir quiconque surveille sa courbe d'autoconsommation solaire d'un peu trop près.
Avant d'aller plus loin, un mot de transparence : si un lien de ce journal vous mène vers un achat, je touche une petite commission, sans que le prix change pour vous. Je ne parle ici que de ce qui a vraiment croisé notre route depuis notre passage au solaire, parce que je ne suis ni électricienne ni experte du réseau électrique - pour tout ce qui touche à votre installation, seul un professionnel certifié RGE peut trancher.
Vos questions sur les petits appareils et l'autoconsommation solaire
Plusieurs d'entre vous m'ont écrit ces derniers temps à peu près la même question : comment savoir ce qui, dans la maison, grignote vraiment la production solaire sans qu'on s'en rende compte. Une amie qui met ses tomates et sa ratatouille en bocaux à chaque fin d'été me l'a posée à sa façon, un peu inquiète que son autocuiseur ne vide toute la réserve de la journée.
Ce que Moutens Solar m'a appris sur ce fameux voyant rouge
La réponse tient dans une image assez simple : ce ne sont presque jamais les gros appareils qui posent problème, mais les dizaines de petites veilles qu'on ne remarque plus. Une box internet, une cafetière, une brosse à dents électrique, un micro-ondes dont personne ne regarde jamais l'horloge - chacun tire un filet d'énergie minuscule, mais additionnés sur toute une maison de famille, ils finissent par peser.
C'est à ce moment-là que le logiciel Moutens Solar est devenu vraiment utile chez nous. Au lieu d'une moyenne journalière assez floue, j'avais enfin une vue plus fine, quasiment appareil par appareil, de ce qui grignotait la réserve solaire pendant que tout semblait éteint.
Le boîtier resté dans le tiroir : ce qui n'a pas marché avant l'appli
Longtemps avant Moutens Solar, j'avais acheté un petit boîtier de mesure à brancher directement sur chaque appareil, pièce par pièce. L'idée me plaisait beaucoup : un chiffre précis pour chaque prise de la maison. Sauf qu'au bout d'un mois à le déplacer de la cuisine au salon puis à la chambre des enfants, il a fini au fond d'un tiroir, entre les piles usagées et les élastiques, et je n'y ai plus touché.
Ce que l'application a changé, c'est que je n'ai plus besoin de débrancher physiquement quoi que ce soit pour comprendre ce qui se passe. Éteindre la cafetière et regarder la courbe, débrancher la console des enfants et regarder encore : on se sent un peu détective dans sa propre cuisine, sauf que l'enquête se résout en une trentaine de secondes sur l'écran du téléphone.
Traquer chaque petit appareil, un par un
Ma réponse n'est pas un simple oui ou un simple non. Regarder ce niveau de détail est fascinant au début, presque addictif, mais le jeu en vaut rarement la chandelle sur les tout petits postes. Passer dix minutes chaque soir à traquer un watt sur un chargeur de téléphone, c'est plus une satisfaction d'ordre mental qu'une vraie économie d'énergie sur la facture.
Pour mon amie et ses bocaux de fin d'été, la vraie réponse tenait davantage à l'énergie consommée sur l'ensemble de la journée qu'au chiffre affiché à l'instant sur l'appareil : un autocuiseur qui tourne deux heures pèse infiniment plus qu'une veille de cafetière allumée toute la nuit, même si c'est cette dernière qui reste visible le plus longtemps.
En laissant tomber les watts insignifiants pour ne garder que les vrais oublis - le chargeur resté branché, le vieux micro-ondes toujours en veille - j'ai quand même réussi à réduire notre talon de consommation de façon assez nette, sans passer mes soirées le nez sur l'écran.
Programmer le lave-linge à midi pour l'autoconsommation
Il y a peu, j'ai lancé une lessive en plein midi, sous un ciel sans le moindre nuage, avec cette drôle d'impression de ne quasiment rien payer. Ce genre de moment donne surtout envie de caler les gros usages sur les heures où le soleil est généreux, plutôt que de chasser les miettes de watts en soirée.
Le raisonnement tient en une phrase, une fois qu'on l'a en tête : ce que les panneaux produisent en pleine journée et ce que la maison consomme au même instant ne se superposent presque jamais parfaitement, et tout ce qu'on ne consomme pas sur place repart sur le réseau plutôt que dans notre poche. Les jours de ciel gris, la question ne se pose évidemment plus de la même façon.
Où je mets le curseur aujourd'hui avec Moutens Solar
Aujourd'hui, je n'utilise plus Moutens Solar pour faire la police auprès de chaque LED de la maison, mais pour garder un œil global et vérifier que ce fameux bruit de fond reste dans une zone raisonnable. Je sais que certains vont plus loin et laissent le logiciel piloter automatiquement certains appareils selon la production du moment, mais ce n'est pas l'usage que j'en fais ici.
C'est nettement moins stressant ainsi, et ça laisse de la place pour vivre plutôt que pour surveiller. Si le sujet vous parle, l'application vaut le coup d'œil, mais gardez en tête que le but est de se simplifier la vie, pas de finir prisonnière de ses propres prises électriques.
Il me reste une forme de patience dans tout ça : entre les jours où la chaleur impacte le rendement des panneaux et ceux où le ciel se couvre, on apprend surtout à ne pas courir après le zéro absolu. Repérer les gros oublis suffit largement ; le reste peut bien rester dans l'ombre.